10/15/2008

Article de Presse Océan

Nantes

mardi 16 septembre 2008

La Ligue des droits de l'Homme ouvre ses archives au public



Claire Bernard-Deust (au centre), ici entourée de militants de la Ligue des droits de l'Homme, présente quelques documents du fonds d'archives de la section nantaise de l'association.

La section nantaise de l'association s'apprête à déposer au Centre d'histoire du travail ses archives depuis 1905 et jusqu'en 2002. Un matériau historique très riche.

Plus de quatre ans de travail bénévole. Voilà le temps qu'il a fallu à Agnès Dejob, Marie-José Dourthe et Claire Bernard-Deust pour classer et valoriser les archives de la section nantaise de la Ligue des droits de l'Homme, née en 1900. Ce fonds d'archives représente 4,7 mètres linéaires. Il est constitué de documents émis par la section entre 1905 et 2002 : comptes rendus de réunions et assemblées générales sous forme de registres et de cahiers, communiqués de presse, tracts, affiches, revues de presse, objets... Il sera déposé d'ici la fin du mois au Centre d'histoire du travail, structure qui regroupe une bibliothèque, un centre d'archives et un éditeur consacré aux mouvements ouvrier et paysan et à l'histoire politique, et installée sur le site des Ateliers et Chantiers de Nantes, 2 bis boulevard Léon-Bureau.

« Il est très rare que les fonds d'association soient aussi bien conservés, malgré quelques périodes de lacunes (1914-1920, 1936-1948 et 1953-1963), confie l'archiviste Claire Bernard-Deust. Celui-ci est donc assez précieux pour témoigner du fonctionnement d'une association mais aussi car il aborde un large éventail de thématiques : pacifisme, montée du fascisme, grève d'ouvriers nantais, etc. ».

« Donner du sens à notre action »

L'accessibilité au public de ce matériau historique offre des perspectives variées. Il pourrait notamment servir de base documentaire pour des mémoires de maîtrise. « Pas seulement sur l'histoire de la ligue ou du militantisme, mais plus largement sur l'histoire politique, institutionnelle, juridique, économique et sociale, car les documents décrivent à leur façon la société nantaise du 20e siècle », précise d'ailleurs Claire Bernard-Deust.

La section du pays nantais de la Ligue des droits de l'Homme voit aussi dans ce travail une manière de « donner du sens à notre action malgré les difficultés du moment ». « Les droits et les libertés ne se portent pas bien dans le monde et dans notre pays. Le droit au travail et à un revenu décent, on en est loin ! On peut même parler de souffrances sociales. Ces archives sont aussi là pour nous rappeler qu'il y a eu d'autres difficultés dans le passé, comme la crise des années 30 », explique Philippe Legrand, vice-président de l'association. Élodie Retière-Henry, jeune comédienne et militante à la LDH, abonde et trouve pour sa part « très intéressant de retrouver cette histoire pour savoir dans quelle lignée s'inscrit notre militantisme ».

Tout le travail réalisé par la section nantaise sur ses archives sera présenté le 9 octobre à la Manufacture des tabacs lors d'une journée de réflexion et d'échange sur l'action militante pour les droits de l'homme à Nantes.

Jérôme Jolivet

Aucun commentaire: